- Il y a plusieurs consultations ? demande-t-elle aussitôt.
- Non, juste notre fils aîné, répond la maman du petit garçon.
- Et vous venez à quatre pour un seul rendez-vous ! lance la quinquagénaire d'un ton acerbe. Vous m'avez fait peur quand je vous ai ouvert la porte.
Le couple se dévisage l'ombre d'un instant. Visiblement cette brave dame n'est pas dans son meilleur jour.
- On est venu en famille, c'est mercredi aujourd'hui, répond simplement la maman.
La secrétaire ignore totalement la réponse et poursuit, toujours aussi désagréable.
- C'est la première fois que vous venez, alors il va me falloir plusieurs renseignements.
- Très bien, dit la maman.
Tel un gendarme, la voilà qui demande haut et fort l'adresse, le numéro de téléphone, la mutuelle. La maman s'efforce de répondre tout en douceur, de garder son calme car elle sent déjà une certaine irritation chez son conjoint, inutile d'en rajouter !
Un instant plus tard ils patientent tous dans la salle d'attente, qui se trouve juste derrière le bureau de la secrétaire. Le regard que le couple s'échange veut tout dire : profonde exaspération ! Il y a pourtant dans cette immense salle d'attente tout un coin aménagé pour les enfants avec une table, des chaises, des Lego, un tableau pour dessiner, une bibliothèque avec divers livres illustrés. Lieu qu'investissent aussitôt les deux enfants, s'en donnant à c½ur joie.
Après une demi-heure d'attente, les parents commencent à trouver le temps long. Enfin, la porte du médecin spécialiste s'ouvre. Une femme d'une cinquantaine d'années apparaît à l'entrebâillement de la porte. Sans un sourire ni un regard, d'un geste elle convie le couple à entrer dans son bureau. Voyant les deux enfants accourir, elle glisse d'une voix à peine audible.
- Tout ce monde pour une consultation, eh bien !
Les parents se regardent de nouveau. La maman a cette fois un peu plus de mal à garder son calme et répond du tac au tac.
- Si cela vous pose un problème, je peux rester dans la salle d'attente avec le petit ?
Le ton de sa voix exprime sa contrariété. Il y a visiblement un problème dans ce cabinet médical. Si le nombre dérange, cela devrait être indiqué à la porte d'entrée, et puis leurs enfants se tiennent plutôt bien. L'ophtalmo secoue la tête, les lèvres pincées, en murmurant « non, non » et ferme la porte. Cette femme est visiblement tout aussi raide et coincée que sa secrétaire. Elles se ressemblent étrangement, à croire qu'elles sont de la même famille !
- C'est pour qui ? demande-t-elle sans regarder personne.
- Notre fils, dit la maman en désignant son aîné.
Sans dire un mot, la spécialiste montre le siège à l'enfant, qui ne semble pas comprendre ce qu'il doit faire. De mauvaise grâce et avec un certain agacement, elle lui fait signe de poser son menton sur un support. Elle commence à l'examiner. À plusieurs reprises, les parents se regardent inquiets ; le médecin ne fait strictement rien pour mettre en confiance leur fils de six ans et demi. Il semble totalement perdu et elle n'a pour lui aucun mot, aucune indication, aucun geste qui pourraient le guider, l'aider, le rassurer. Le père décide d'intervenir à plusieurs reprises en expliquant à son fils ce qu'il doit faire, tandis que la spécialiste attend à chaque fois sans un mot, visiblement agacée.
- Tu sais, tu dois ouvrir grands les yeux, regarde droit devant toi, ne bouge pas la tête, dis ce que tu vois...
Les parents ne cessent de se regarder. Une chose est certaine, si la « quatrième dimension » existe, aujourd'hui ils y sont ! Une fois l'examen terminé, l'ophtalmo recule son siège et se met à griffonner sur un papier. Elle remplit dans un royal silence une première ordonnance, puis une deuxième. Les parents attendent les explications du médecin, un quelconque éclaircissement par rapport à son examen initial. Rien, toujours rien. Elle écrit maintenant une troisième ordonnance. La mère hoche la tête. C'est à peine croyable ce qui se passe ici. Elle n'ose même plus regarder son mari tant elle sent la colère lui monter, ainsi que la sienne.
Puis comme une fleur, l'ophtalmo se lève et dit en tendant les trois ordonnances.
- Voilà, c'est fini !
Elle se dirige déjà vers la porte pour les faire sortir. Prenant tout son courage à deux mains, la mère demande tout en contenant son irritation.
- Qu'est-ce qu'il a ?
La spécialiste répond tout en ouvrant la porte.
- Il faudra me le ramener pour voir s'il doit porter des lunettes ou non. Voilà, bonne fin de journée, dit-elle en refermant la porte sur eux.
Le couple se regarde un instant abasourdis.
- Je ne reste pas là un instant de plus, je sors avec les enfants ! dit le père en colère.
La mère acquiesce. Elle jette un ½il sur les trois ordonnances tout en s'approchant du bureau de la secrétaire. Elle lutte contre une envie magistrale de partir sans payer, mais sa bonne éducation, son honnêteté reprend le dessus très rapidement. La secrétaire la dévisage d'un air timoré, craignant visiblement sa réaction.
- Peut-être que vous pourriez au moins me dire de quoi il s'agit, puisqu'elle n'avait visiblement pas le temps de le faire ! lance la maman en montrant les ordonnances.
- Je vais vous expliquer ! s'empresse de dire la secrétaire, soudain très aimable.
- C'était tout de même à elle de le faire ! insiste la mère.
- Votre fils a un bilan orthoptique à faire, elle vous a prescrit aussi une paire de lunettes pour l'école et un traitement de trois mois pour les yeux.
- C'est quoi ce bilan orthoptique ? Pourquoi doit-il mettre des lunettes, et ces gouttes? Vraiment je ne comprends pas, c'est inadmissible !
La secrétaire s'efforce de rassurer et de calmer la maman encore sous le choc de cette consultation incongrue.
- Et je vous dois combien ?
- Soixante et un euros, murmure si faiblement la secrétaire que la maman n'a pas entendu.
- Combien ?
- Soixante et un euros ? répète-t-elle un peu gênée.
En entendant la somme, la maman ne peut s'empêcher de bénir le ciel que son mari ait pris « la poudre d'escampette ». Soixante et un euros pour sortir comme ils sont entrés, sans rien savoir de plus ! Quelle honte et surtout quel dommage de ne pas avoir ce courage de sortir de ce lieu sans payer. Après tout, ce serait mérité !
Cette histoire vraie m'interpelle. Quelle aurait été ma réaction face à cette situation ? Nous méritons tous d'avoir un minimum d'explications, surtout lors d'une consultation médicale. Nous sommes tous en droit de connaître les raisons de telle ou telle chose, d'avoir des précisions sur telle situation, de demander des éclaircissements sur tel procédé ou autre, car c'est normal de vouloir comprendre.
Je ne peux m'empêcher de faire un parallèle en pensant à tous ceux qui disent ne pas savoir si Dieu existe et qui prétendent ne pas s'en soucier. Il y a peu, une personne me parlait de la retraite qui approchait à grands pas. Elle pointait son doigt en l'air tout en me disant qu'elle espérait « qu'Il » lui laisserait le temps de profiter de ses petites filles. « Si bien sûr il y a quelqu'un là-haut ! » s'est-elle empressée d'ajouter.
Nous vivons dans un monde extraordinaire : l'univers, la création, les êtres humains... Quel est le terrien qui ne souhaite pas avoir d'explication à ce sujet ? Qui peut prétendre vivre sa vie, sans se soucier de cette question primordiale : « Dieu existe-t-il ? » Si nous pensons ne pas avoir de réponse à cette question, nous nous trompons grandement.
La Bible est un livre divin merveilleux. C'est une lettre d'amour que Dieu a adressée à chaque homme, chaque femme, pour lui permettre de trouver le chemin du bonheur. Son plan d'amour s'est révélé pleinement au travers de Jésus. « Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique afin que quiconque croit en lui ne périsse point mais qu'il ait la vie éternelle. Jean 3.16
Mon ami, non, Dieu ne nous laissera jamais sans réponse, sans solution. Il est un ami fantastique, un conseiller idéal, un père aimant. Sa présence est quotidienne et elle donne une énergie de vie inégalable pour celui qui le recherche vraiment. Aujourd'hui, si tu ne l'as pas encore fait, décide de le rencontrer personnellement. Dieu ne demande qu'à être sollicité, mis à l'épreuve pour se révéler pleinement dans ta vie. Avec Dieu il n'y a pas « d'histoire sans paroles ». À la différence des hommes qui cachent, taisent ou dissimulent, Dieu, lui, fait toute la lumière. « Je suis le chemin, la vérité et la vie. Nul ne vient au Père que par moi » dira Jésus dans Jean 14.6.
Tu as toutes les clés pour ouvrir les portes, toutes les cartes en main pour trouver le chemin du bonheur. Alors n'hésite plus !
Texte de Lydie GRIVALLIERS - 18/11/2007 - Publié avec autorisation du Top Chrétien